SOMMAIRE POUR LE MOIS DE NOVEMBRE 2011
Présentation

Les tractations pour la formation du gouvernement Beriziky se sont poursuivies durant toute la 1ère quinzaine du mois
. La date butoir du 17 novembre imposée par la Troïka de la SADC n'a pas pu être respectée. Andry Rajoelina et Omer Beriziky ont dû surmonter de nombreux obstacles et faire des concessions pour parvenir à un fragile accord, sous la pression de l'ambassadeur d'Afrique du Sud, représentant la SADC, qui a manifesté son impartience et lancé un ultimatum au pouvoir. 
La nouvelle équipe, pléthorique (35 membres),  a pu néanmoins être désignée, avec quelques jours de retard. Les trois formations de l’opposition ont obtenu 12 sièges mais 6 opposants ont boycotté la cérémonie d'installation. 13 ministres du gouvernement Vital II ont été reconduits.
La constitution de ce nouveau gouvernement a, une fois encore, mis à mal la cohésion de chacune des mouvances, elle a ré-ouvert la chasse aux sièges, dans un climat de recomposition politique favorable à toutes les surenchères. Les mouvances Zafy et Ravalomanana, ansi que le Monima de Monja Roindefo, ont condamné la manière dont les pourparlers se sont déroulés, une lettre de protestation a été adressée à la communauté internationale. 5 ministres issus des mouvances Ravalomanana et Zafy ont décidé quelques jours après de participer au premier Conseil du gouvernement présidé par le Premier ministre "pour poursuivre leurs revendications". Le parti Vert, non représenté au gouvernement, se montre également très critique.
Le retour d'exil de Didier Ratisraka et de sa famille est intervenu le 24 novembre. L'ancien chef de l'Etat, qui prône à nouveau un Sommet à Antananarivo réunissant les 4 chefs de file et les principales formations politiques, a entrepris de discrètes consultations et a rencontré à plusieurs reprises le Premier ministre. Il n'attend aucune mesure d'amnisitie pour les condamnations prononcées à son encontre. La ministre de la Justice avait l'intention de lancer la procédure d'arrestation de l'ancien chef de l'Etat mais les membres du gouvernement Beriziky s'y sont opposés.
Marc Ravalomanana a salué ce retour et compte vraissemblablement sur le "renvoi d'ascenseur " de son ancien ennemi...Guy Rivo Randrianarisoa, porte-parole de Marc Ravalomanana, et Tojo Ravalomanana, fils cadet de l'ancien président, sont rentrés d'exil en Afrique du Sud, ce qui pourrait laisser supposer que le retour de l'ancien président est proche mais le pouvoir n'aurait pas renoncé à faire obstacle à ce projet qui est soutenu désormais par toute l'opposition. La gendarmerie a ouvert une enquête sur le ressortissant étranger qui aurait accompagné les deux hommes à leur retour à Madagascar. Andry Rajoeilna aurait exigé la suspension de la procédure mais le général Richard Ravalomanana semble déterminé à retrouver le le fils de l'ancien président et son supposé garde du corps, qualifié de "mercenaire".
Les observateurs estiment que le pouvoir de Transition a tout à craindre du retour de Didier Ratisraka et de l'entrée d'opposants déterminés au gouvernement. "Le ver est ainsi bel et bien, dans le fruit et risque de causer beaucoup de couacs dans le plan de la HAT qui voit sa marge de manœuvre réduite en particulier dans la préparation des élections où les opérations seront étroitement surveillées ", écrit L'Express. Avec Monja Roindefo, Albert Zafy fait figure d'opposant le plus déterminé en dépit du fait qu'il ait proposé Omer Beriziky au poste de Premier ministre : il déclare que sa mouvance n'intègrera pas le Parlement de la Transition et que les ministres qui ont pris leurs fonctions seront exclus. Pour les observateurs, néamoins, la cohabitation entre les entités politiques dans le gouvernement Beriziky commence à s’ébaucher. Certains se montrent préoccupés par l’attitude du Premier ministre qui poursuite son dialogue avec Didier Ratsiraka et Zafy Albert sans en avoir apparemment la mission. S’agit-il d’un partage des tâches avec le président pour obtenir l’adhésion de tous au processus ? Omer Beriziky a-t-il été convaincu par Didier Ratsiraka de rouler pour l’organisation de cette fameuse conférence au sommet, jugée inutile par une partie de la classe politique ?
Les réunions de 9 des 11 entités signataires de la feuille de route pour la recomposition du Parlement de la Transition ont débouché sur un accord. La médiation aurait fait pression pour imposer la formule de la recomposition (à effectif constant) au détriment de l’élargissement, donnant ainsi satisfaction à l’opposition. Celle-ci obtiendrait à elle seule plus de la moitié des sièges et la mouvance Ravalomanana pourrait espérer conquérir la présidence du Congrès. Le décret de dissolution de l'actuel Parlement doit être signé avant la fin du mois. Une lecture contredite le 30/11 par Tribune qui explique que le Parlement sera élargi à 606 membres (contre 208 actuellement). Un effectif jugé pléthorique pour un pays exsangue. Il n’y aurait donc pas de dissolution de l’actuel Parlement mais élargissement, à budget constant toutefois... Clarification attendue pour les prochains jours !
La société civile, toujours fragilisée par des divergences internes, attend avec impatience la création du bureau de liaison de la SADC afin d'être fixée sur ses missions ainsi que sur les moyens mis à sa disposition pour le suivi de l'application de le feuille de route, conformément à l’accord conclus. André Rasolo de la CNOSC se déclare favorable à la rencontre au sommet exigée par Didier Ratsiraka.

SOMMAIRE
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LA CRISE POLITIQUE
- MISE EN OEUVRE DE LA FEUILLE DE ROUTE SIGNEE LE 17 SEPTEMBRE
- Les tractations pour la formation du gouvernement Beriziky
- Le retour d’exil de Didier Ratsiraka le 24 novembre : nouvelle donne, amorce de rapprochements Médiation malgacho-malgache - société civile

DROITS HUMAINS -GOUVERNANCE
- Liberté d’expression
- Justice, forces de l’ordre, prisonniers politiques, condition carcérale
- Médias
- Santé
- Droits des enfants
- Droits des femmes
- Gouvernance

ECONOMIE – SOCIAL – ENVIRONNEMENT
- Accords commerciaux, coopération
- Permis miniers, exploitation pétrolière
- Trafics de bois précieux et d'espèces protégées
- Monde des affaires
- Divers
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ARTICLES REMARQUES - NOVEMBRE 2011 
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<> articles particulièrement signalés - <>doc documents à valeur permanente
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- 30 11 11 - Tribune - Communiqué de presse de la Troïka du 26/11/11
La Troïka de la SADC exhorte les chefs file des mouvances à faire taire leur égo et indique que ne pas intégrer les institutions signifie un refus de la feuille de route. Le communiqué félicite aussi le président et le Premier ministre de la Transition d’avoir pu concrétiser les termes de la feuille de route en mettant en place un gouvernement consensuel et inclusif. Le secrétaire exécutif de la SADC reconnaît être satisfait de la configuration du gouvernement Beriziky.

- 29 11 11 - La Gazette - Filière bois de rose : l'Etat a laissé filer 350 millions de dollars
Alors que les finances publiques souffrent de la suspension de la majorité des aides extérieures, l’Etat a laissé filer des occasions pour étoffer ses recettes. Le président de l’Alliance Voahary Gasy (AVG), Ndranto Razakamanarina précise : "Les recettes publiques issues de l’exportation de bois de rose auraient dû atteindre 400 millions de dollars. Mais l’Etat n’a finalement perçu que 50 millions". L’Alliance estime que si le pays gère durablement ses bois précieux, il devrait engranger 100 millions de dollars par an. A l’étranger, quand on parle de Madagascar, les trafics de bois de rose viennent en tête de liste. L’assainissement de la filière conditionne le déblocage de plusieurs projets dont les 52 millions de dollars de la Banque mondiale pour les aires protégées et le programme patrimoine mondial de l’UNESCO. La filière a un rôle à jouer dans la reconnaissance internationale.

- 28 11 11 - L'Express - Chronique de Vanf - Regards croisés sino-chinois
Deux commerçants chinois ont échappé à un lynchage le 22 novembre. Des scènes d’émeute ont secoué les abords d’une galerie commerciale du centre de la capitale, obligeant les forces de l’ordre à faire usage de grenades lacrymogènes. Une foule menaçante voulait s’en prendre à 2 commerçants chinois qui ont levé la main sur des employés qui avaient détourné un lot de sandales. L’ambassade de Chine exhorte ses ressortissants à cohabiter harmonieusement avec la population. LExpress écrit « qu’il s’en est fallu d'un cheveu pour que les manifestants, la plupart des pilleurs aux aguets qui voulaient célébrer Noël un mois à l'avance, ne mettent le feu aux magasins de ce China Town ». Les opérateurs économiques étrangers, notamment chinois, sont fréquemment accusés de brutalités envers leurs employés et de se comporter « en terrain conquis ». Le spectre des pillages de janvier 2009 était dans tous les esprits.  L’Association des Commerçants et Entrepreneurs Chinois à Madagascar se déclare disposée à prendre les mesures qui s'imposent afin d'éduquer les Chinois au respect de la loi, des us et coutumes, ainsi qu'au respect des droits des travailleurs. Le chroniqueur soulève la question de l'intégration de ces "nouveaux" chinois, qui n'ont aucun point commun avec les "anciens" arrivés au début du XXème siècle et qui se sont remarquablement intégrés. "Que comptons-nous faire de ces « Nouveaux » Chinois qui prennent progressivement possession de pans entiers de la Capitale ?"

26 11 11 - Retour de Didier Ratisraka après plus de 9 ans s'exil en France

A sa descente d'avion, l'ancien chef de l'Etat a entonné la célèbre chanson d'Edith Piaf "Non je ne regrette rien" (pas même les morts du 10 août 1991 devant le palais présidentiel. Aucune enquête indépendante n'a été conduite pour faire la lumière sur ces événements tragiques). Il a effctué 36 "pompes" sur le tarmac  pour démentir les rumeurs sur son mauvais état de santé.

Voir la vidéo de TV Plus du 24/11/11 : http://www.mefeedia.com/watch/46854783  (1ère partie) et version de Madagate (pro-HAT) du 25/11/11 : http://www.youtube.com/watch?v=JisrwU3pma4&feature=channel_video_title (5'07)
Dessin de presse de Zef / L'Observateur et Les Nouvelles du 26/11/11 : non archivé.

- 25 11 11 - L'Express - Humeur - Sylvain Ranjalahy - Pompes funestes
La HAT doit certainement s'en mordre les doigts d'avoir permis le retour de Ratsiraka. Il ne faut pas s'attendre à des concessions de sa part en dépit de ses bonnes intentions. Il a 36 et non 3 solutions pour la crise. Il en faut juste une si elle est valable pour tous. Mais comment celui qui est le seul à n'avoir pas signé la feuille de route peut-il espérer que les autres puissent admettre ses propositions ? Ratsiraka a débarqué avec les mêmes réflexes d'un chef d'État autoritaire, donneur de leçons. Il semble ne plus se souvenir qu'il a été par deux fois chassé du pouvoir...

- 24 11 11 - L'Express - Humeur - Sylvain Ranjalahy - Amnésie amnistiante
Didier Ratsiraka rentre après neuf ans d'exil volontaire. Un retour sans gloire, qui ne doit par faire oublier les méfaits commis durant trois septennats et un quadriennat de celui qui a été le contemporain des Moubarak, Bouteflika, Kadhafi et Ben Ali. Didier Ratsiraka porte une lourde responsabilité dans la dégringolade du pays sur les plans économiquue, social et moral. Quelle envergure, quelle signification donner alors à ce retour au bercail ? Que peut-il encore pouvoir promettre après le paradis, la République humaniste et écologique, la société où règne la justice et l'équité, l'éducation pour tous, la santé pour tous, l'autosuffisance alimentaire, l'investissement tous azimuts ? Ce n'est pas avec des Présidents du troisième âge et de troisième main que Madagascar compte pouvoir construire son avenir.

- 24 11 11 - Tribune - Edito - Ndimby A. & Patrick A. - Accostage
Aujourd’hui, un joyeux drille de la classe politique se rappelle à notre bon souvenir. Quelle que soit la position que le pouvoir actuel adoptera vis-à-vis de lui, l’arrivée de Didier Ratsiraka constitue un fait nouveau qui va immanquablement influer sur la suite de la transition, et devrait être un facteur perturbant à court et moyen terme pour le régime en place. Son retour au pays va redonner un coup de fouet à l’opposition, qui va pouvoir profiter de la présence d'un chef de mouvance capable de rassembler les foules. C’est donc un retour qui va gêner beaucoup de monde car il n’a pas vocation à être un simple spectateur du jeu politique. Mais revoir Didier Ratsiraka tremper dans le jeu politique est cependant assez cocasse. Voilà un homme qui a dirigé le pays pendant 21 ans, qui a été éjecté du pouvoir à deux reprises, qui est coupable de la majeure partie des problèmes de culture politique de ce pays..

- 23 11 11 - Tribune - Gouvernement Omer Beriziky : la France apprécie
Le ministère des Affaires étrangères français annonce que la désignation du gouvernement de transition marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la feuille de route. La France salue le caractère inclusif et consensuel du gouvernement. Elle fait l’éloge du travail de médiation de la Troïka et exprime son soutien au nouveau gouvernement.

- 22 11 11 - L'Express - Liste des membres du gouvernement Beriziky
Ce gouvernement compte 35 membres en plus du Premier ministre, dont 2 vice-Premiers ministres, parmi lesquels Pierrot Botazaza, chargé de l’Economie et de l’Industrie et qui avait été proposé au poste de chef de gouvernement par Marc Ravalomanana. Les trois formations de l’opposition ont obtenu 12 postes. La nouvelle équipe compte 9 femmes (3 de plus que dans le gouvernement Vital II) et 3 militaires. 13 ministres du gouvernement Vital II ont été reconduits Christine Razanamahasoa a annoncé que sa reconduction à la tête du ministère de la Justice a obtenu l’approbation du Syndicat des Magistrats de Madagascar (SMM), ce que dément son président, qui va procéder à une consultation des membres. Botozaza Pierrot, vice-Premier ministre chargé de l’Economie et de l’industrie, a fait savoir qu’il a accepté d’intégrer le gouvernement d’union nationale afin de « mettre fin à la souffrance de la population » mais en réaction aux propos de Mamy Rakotoarivelo, il a faire savoir qu’il accepterait de renoncer si la mouvance Ravalomanana le lui demandait.
Parmi les partants, le vice-Premier ministre chargé des Relations avec les Institutions, Yves Aimé Rakotoarison. Même sanction pour les ministres les plus critiqués sur leur manière de gérer leur département, notamment le général Herilanto Raveloharison qui aurait eu du mal à maîtriser le trafic de bois de rose. Parmi les favoris dans la course aux ministères, Yvette Sylla, ex-ministre des Affaires étrangères, Mamy Ratovomalala, ancien ministre des Mines et des hydrocarbures (scindé en deux) ainsi que le général Pascal Rajaonarison au ministère de la Santé ont été mis sur la touche. Aucun des ministres issus de l'aile Raharinaivo du TIM ou du Groupement issus de la mouvance Marc Ravalomanana (GMMR) ne figure non plus dans la liste des membres du gouvernement. Alors que l’opposition réclamait le remplacement de plusieurs ministres-clés de l’ancien gouvernement, la plupart de ceux-ci (Finances et Justice notamment) sont restés en place. Les ministres des Forces armées et de la Gendarmerie nationale ne changent pas, tandis que le Contrôleur général de police Arsène Rakotondrazaka prend en charge la Sécurité intérieure.

- 22 11 11 - Tribune - Déclaration des évèques catholiques
"Tout le monde reconnait que la source de nos problèmes est politique. Pour beaucoup la politique se réduit en fait à rechercher un portefeuille ministériel, à un amour effréné de l’argent, à de l’hypocrisie. [...] On attend une bonne gestion mais on assiste au pillage des richesses nationales. [...] Nous imitons sans réfléchir la nouvelle éthique de la modernité, et alors, les foyers se disloquent, le respect entre parents et enfants n’existe plus. Beaucoup d’enfants sont sans père, errant dans les rues, n’ allant plus en classe.., les débauches, la prostitution et le tourisme sexuel se développent un peu partout. [...] On parle beaucoup de l’état de droit mais le peuple a perdu confiance en l’Etat et cherche à se protéger pour survivre. Nous disons (aux politiques) : « cessez ces luttes intestines et ces hypocrisies. Concertez-vous et voyez ensemble le bien des petits.., comment développer le pays ! Comment trouver de l’emploi et nourrir la population ! Comment faire régner la paix, la justice".

- 21 11 11 - La Gazette - Edito - Le désastre républicain
Les politiciens se sont égarés, la diplomatie s'est fourvoyée, la société civile a été manipulée et nos compatriotes ont été trompés. En réaction à cet échec collectif, plus personne ne respecte la loi, l'autorité et les institutions. Madagascar a raté tous ses rendez-vous avec la démocratie et le libéralisme. Aujourd'hui, plus qu'hier, chacun fait ce qu'il lui plaît. Chacun se croit investi d'une once de pouvoir. Les perdants du désastre républicain sont l'Etat et les citoyens.

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21 11 11 - Pambazuka News - Des indignés contestent les pratiques politiques
Bravant l’interdiction de manifester, un groupe de 25 personnes a tenu un sit-in dans le centre ville de la capitale. Ils entendent exprimer publiquement la grogne qui monte sur les réseaux sociaux et chez les jeunes bloggers pour contester les aspects malsains de la pratique politique malgache. Le réseau « Leo politika maloto », créé en juillet 2011, regroupe aujourd’hui plus de 600 sympathisants sur Facebook. Il dénonce une classe politique « sans éducation citoyenne et sans souci de redevabilité envers les Malgaches ».

<> 17 11 11 - Banque mondiale - Eviter les pièges de la fragilité en Afrique - Des leçons à tirer pour Madagascar
22 Etats, dont Madagascar, sur un total de 48 en Afrique Sub-Saharienne sont classifiés par la Banque mondiale comme étant fragiles. La notion d’états fragiles se rapporte aux pays dont le pouvoir de gouvernement est faible, le cadre sécuritaire et légal insuffisant, l'administration peu efficace et, en conséquence, la délivrance de services publics insuffisante. Depuis 1990, les écarts de performances entre états fragiles et états non fragiles continuent à se creuser dans le temps. De plus, la fragilité apparaît de plus en plus comme un état persistant. Tirant des leçons de ces crises récurrentes, les auteurs essaient de convaincre le preneur de décisions que Madagascar présente toutes les caractéristiques d’un pays à hauts risques, et qu’il faut des actions immédiates pour éviter que ce pays ne descende dans un cercle vicieux de trappe de fragilité.
<> 17 11 11 - L'Express - Humeur - Sylvain Ranjalahy - Ménage à trois
Finalement on aura évité le pire. Si on pensait qu'il va falloir un cabinet de 60 ministres avec l'entrée de tous les signataires de la Feuille de route, il en faudra au total la moitié voire le tiers. La bataille des sièges pour entrer dans le gouvernement Beriziky a été révélatrice quant à la véritable intention des politiciens. On est revenu exactement au même blocage du processus qu'à Maputo. La clé de répartition est plus que jamais une question de chiffres à cette nuance près qu'il ne s'agit plus du nombre de départements par mouvance mais du rendement que peut rapporter un ministère. La rude bataille tourne ainsi autour d'une dizaine de ministères les plus nantis et les plus stratégiques. Le Premier ministre Omer Beriziky passe ainsi des nuits à refaire des calculs arithmétiques basés sur des opérations de division arrivant jusqu'à trouver un département réduit à un décimal après avoir été tiraillé par les mouvances. Pour simplifier les choses, il ferait mieux d'opérer par l'inverse. On lieu de diviser un ministère, on multiplie ses occupants
- 17 11 11 - La Gazette - Edito - La Jirama - Tout ne tient qu'à un fil
Le quotidien revient sur les difficultés récurrentes que rencontre la société d'Etat de fourniture d'électricité. Les délestages qui avaient repris de plus belle ces dernières semaines se sont calmées, du moins pour le moment. Est-ce à dire que les problèmes de fond sont résolus ? Certainement pas. Comme d’habitude, pour éviter une explosion sociale, on a mis en place des solutions à court terme. Madagascar reste en queue de peloton pour l’accès des entreprises à l’électricité. La situation se détériore et devient même menaçante pour les entreprises.
<<>> UNICEF - Raport national - Octobre 2011 - Analyse de la pauvreté des enfants à Madagascar (129p)
Lien  : www.unicef.org/madagascar/analyse_pauvrete_1.pdf
Cette analyse fait suite à l’étude régionale sur la pauvreté et les disparités touchant les enfants dans la région de l’Océan Indien en 2010. Mise à jour par rapport aux récents résultats d’enquête permanente sur les ménages en 2010, elle révèle que, malgré quelques progrès, des pourcentages importants d’enfants sont toujours laissés pour compte. Elle met en évidence les difficultés de l’Etat à honorer ses engagements pour respecter les droits fondamentaux des enfants. Madagascar compte environ 10 millions d’enfants de moins de 18 ans, soit 53,4% de la population totale. 8,2 millions d’enfants de moins de 18 ans sont affectés par la pauvreté monétaire et vivent en dessous du seuil de pauvreté. Par ailleurs, les enfants malgaches sont fortement touchés par différentes privations, sévère ou moins sévère, en matière de nutrition, de santé, d’éducation, de logement, d’eau et d’assainissement, de protection et d’accès à l’information.  Cette étude, riche en informations et analyses, devrait servir à améliorer la prise de conscience nationale sur l’ampleur et la profondeur de la pauvreté des enfants malgaches. Sur la base des recommandations de la présente étude, l’UNICEF encourage fortement l’Etat Malgache à mieux cibler les domaines d’affectation et de répartition des ressources destinées à la réduction de la pauvreté,

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07 11 11 - IRIN News - Le "tabou sur les jumeaux" divise une communauté
Une coutume ancestrale, qui veut que les jumeaux soient placés en adoption dès leur naissance, divise les résidents de la ville côtière de Mananjary, aussi sûrement qu’elle sépare des frères et sœurs de leurs parents. On dit que le malheur et la violence s’abattent sur les parents des jumeaux et sur la communauté. L'UNICEF, qui travaille en étroite collaboration avec les chercheurs, s’intéresse au cas d’une communauté voisine dont les chefs ont mis en place une cérémonie spéciale afin de lever le tabou des jumeaux.

- 05 11 11 - L'Express - Humeur - Sylvain Ranjalahy - Faux d'artifice
Faux billets, faux tickets de carburants, faux chèques du Trésor, faux médicaments, faux mercure, faux diplômes, faux pasteur, deux fois faux Premier ministre, faux politiciens, faux pont, faux policiers, faux espoirs de sortie de crise, faux anciens Présidents, faux retour de Ratsiraka, faux sceptiques.... Incontestablement la crise favorise les inventions, la pauvreté stimule l'ingéniosité.

- 03 11 11 - Blog d'Alain Rajaonarivony, journaliste -  Une foi inefficace
A Madagascar, les chrétiens ne manquent pas, protestants comme catholiques, auxquels viennent s’ajouter les membres de toutes les sectes diverses et variées. Mais ce pays figure désormais parmi les plus pauvres du monde, bien que cumulant terres arables, pétrole, minerais et pierres précieuses. C’est aussi l’un des seuls pays d’Afrique qui régresse économiquement. Sa classe dirigeante figure au hit-parade des plus corrompues du monde. Le trafic du bois de rose est sans doute le pire scandale que l’île ait jamais connu. Des forêts primaires, avec des espèces uniques, sont perdues pour les générations futures et des centaines de millions de dollars se sont envolées des caisses de l’Etat. 500.000 enfants sont déscolarisés sans que ça émeuve outre mesure le gouvernement. 23 4x4 offerts par l’Unicef à l’Education nationale ont été confisqués par de hauts responsables, et il a fallu que cet organisme bloque le versement de 27 millions de dollars destinés aux kits scolaires, cantines et salaires pour qu’ils soient rendus. Où est le bug alors qu’avec ses potentialités naturelles couplées aux valeurs chrétiennes de sa population, Madagascar devrait figurer parmi les pays les plus riches d’Afrique, sinon du globe ?
 
- 02 11 11 - Tribune - Edito - Ndimby A. - Beriziky amer ?
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